Tambacounda : caravane nationale sur la micro finance islamique

UN MODE DE FINANCEMENT ETHIQUE ET SOLIDAIRE POUR LES POPULATIONS RURALES

La caravane nationale de sensibilisation et d’information sur la micro finance islamique est arrivée à Tambacounda. Une réunion, sous forme d’un CRD, s’est tenue dans la salle de délibération de la mairie de Tambacounda, sous la présidence de Cheikh Ndiaye, adjoint au gouverneur chargé des affaires administratives, du préfet de Tambacounda et en présence de Mme Yaye Fatou Diagne, coordinatrice du Programme de Développement de la Microfinance Islamique au Sénégal (PROMISE).

On a noté aussi la présence de Bounama Kanté, adjoint au maire de la commune de Tambacounda et de Mme Aminata Djigo, vice-présidente du conseil départemental de Tambacounda. Des maires d’autres communes, des représentants de groupements féminins, de jeunes, de certaines structures de micro finances et des marabouts ont participé à la rencontre.

Après les allocutions respectives des représentants de la mairie et du conseil départemental, Mme Yaye Fatou Diange, coordinatrice du PROMISE, a présenté les grandes lignes de ce programme qui est une structure de l’Etat qui œuvre pour la promotion et le développement de la micro  finance  islamique au Sénégal. Financé par la banque islamique de développement BID et l’Etat du Sénégal, ce programme travaille à l’émergence d’une branche de la micro finance islamique performante, inclusive et pérenne au service d’une économique émergente, dans une société solidaire. Pour atteindre ce but, le PROMISE entend instaurer une culture financière islamique auprès des populations, à travers une éducation financière et une sensibilisation sur les produits et services islamiques. La micro finance islamique est un mode de financement inclusif dont les principes reposent sur la foi, l’éthique et la solidarité.

La coordinatrice du Promise a déclaré que le programme a été porté sur les fonds baptismaux par la volonté de l’Etat du Sénégal de « diversifier les sources de financement pour les jeunes, les femmes et les micros et petites entreprises et surtout en milieu rural. Notre but est de créer au Sénégal, une industrie de la finance islamique durable qui sera un levier de croissance pour les différents acteurs économiques. Ainsi, la fin de la première phase de notre intervention prévue en 2024, nous comptons faire achever un financement de 50 000 micro et moyennes entreprises, créer 25 000 nouveaux emplois, avec 35 % de femmes et 25 % de jeunes qui bénéficieront de l’apport de la micro finance islamique. D’un coût total estimé à 47 milliards de fcfa, le programme est étalé sur 5 ans renouvelables.

Le programme comporte ainsi deux formes d’intervention : les bénéficiaires intermédiaires (services financiers décentralisés), à travers la signature d’une convention de partenariat et la mise à disposition de lignes de financement et les SFD hors article 44, à travers la signature d’une convention avec le Fonds d’impulsion de la micro finance (FIMF) avec, entre autres des appuis non financiers à travers des renforcements de capacités du personnel des dirigeants des SFD isolés.

Cheikh Oumar Ndiaye, expert en micro finance a indiqué que la finance islamique a son fondement dans le Coran, la Charia et la Sunna. Contrairement à la finance classique (intérêts permis, profit à court, moyen et long terme, spéculation, choix de financement basé sur la rentabilité, etc… dans la finance islamique, la marge est fixe sur les contrats, il y a le partage des risques, le caractère tangible des actifs, le non financement des projets prohibés par la charia, et l’incitation à l’investissement productif… Il a fait savoir que les cinq principes cardinaux dans la finance islamique sont : pas de « riba » (intérêt, usure), pas de « gharar » (incertitude), ni de « maysir » (spéculation) ; pas de « haram » (secteurs prohibés par la charia) ; il y a aussi l’obligation de partage des profits et des pertes  et le principe d’adossement à un actif tangible.

La coordinatrice a précisé enfin que pour le démarrage, le projet compte mettre en place auprès des populations des « guichets finances islamiques » dans les SFD qui existent.

Ibrahima Seydou Dia/ tambaactu1

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