Protection de l’enfance : l’AEMO de Bakel à bout de souffle face aux défis du terrain

Protection de l’enfance : l’AEMO de Bakel à bout de souffle face aux défis du terrain

(Mercredi, 03 Sept 2025). Entre absence de moyens, longues distances à parcourir et surcharge de travail, les éducateurs de l’AEMO (Action Éducative en Milieu Ouvert) de Bakel peinent à remplir leur mission de protection des enfants en danger. Témoignage d’Aly Nar Ndao, chef du service départemental. Une mission de protection essentielle

L’AEMO intervient dans les cas de mineurs en danger ou en conflit avec la loi, avec pour objectif la prévention de la délinquance juvénile et la réinsertion sociale.

« Nous faisons des enquêtes sociales, accompagnons les mineurs victimes, intervenons en cas de conflit familial, de séparation ou de garde d’enfants problématique », explique Aly Nar Ndao.
Son service est aussi sollicité pour établir des rapports circonstanciés après des signalements de maltraitance, de viol ou de fugue. L’AEMO joue alors un rôle clé entre la justice, la famille et les services de santé. Des réalités de terrain éprouvantes

Mais sur le terrain, les obstacles sont nombreux.
« Nous n’avons pas de véhicule pour les déplacements, certaines zones sont inaccessibles, et les distances sont énormes. De Bakel à Tamba, c’est plus de 250 kilomètres à parcourir », déplore le chef de service.

À cela s’ajoutent des conditions de travail précaires, un manque de personnel, et la nécessité d’être présents à toutes les audiences du tribunal pour enfants à Tamba, chaque lundi. « Il nous arrive de faire deux allers-retours par semaine. Cela pèse lourdement sur notre capacité à intervenir dans les autres dossiers. »

Une urgence à renforcer les moyens

Les conséquences sont concrètes : délais allongés, prise en charge ralentie, enfants en danger non suivis à temps.
« Quand un enfant est victime de violence ou de viol, nous devons aller constater, accompagner à l’hôpital, rédiger le rapport, et parfois même porter plainte à la place de la famille. » Face à cette surcharge, Aly Nar Ndao alerte :

« Nous faisons de notre mieux, mais sans appui logistique ni personnel supplémentaire, nous risquons de ne plus pouvoir assurer nos missions de manière efficace. »

 L’appel à l’aide d’un service essentiel

En dépit de ces difficultés, l’AEMO de Bakel reste mobilisée. Mais le service demande aujourd’hui un soutien fort des autorités, notamment :

un véhicule de service dédié, un renforcement en ressources humaines,

une meilleure coordination avec les juridictions éloignées.

Car derrière chaque dossier, il y a un enfant dont la vie peut basculer à tout moment.

Diénaba Fadé Journaliste Stagiaire Bakel/TAMBAACTU1

Partagez