MIC MAC AU PALAIS : quand les maires de Bakel prennent le train du pouvoir sans leurs bases

MIC MAC AU PALAIS : quand les maires de Bakel prennent le train du pouvoir sans leurs bases

La locomotive sans les wagons, les faiseurs de rois laissés à quai !

Bakel n’est pas dupe. Et cette fois, le malaise ne vient pas d’une rumeur de couloir, mais d’une séquence politique qui interroge profondément les militants, les responsables locaux et les populations du département.

Des maires de Bakel ont été reçus au Palais par le Président Bassirou Diomaye Faye. Jusque-là, rien d’extraordinaire : un président de la République peut naturellement recevoir les élus locaux.

Mais ce qui intrigue, c’est la manière et le contexte de ces audiences.

Pourquoi ces maires sont-ils partis à Dakar sans informer leurs bases ? Pourquoi cette démarche s’est-elle faite loin des militants, loin des responsables politiques locaux et loin de ceux qui, hier encore, les accompagnaient sur le terrain ?

A croire qu’il fallait que la locomotive parte discrètement, en laissant les wagons sur le quai !

Une audience en deux actes

La mise en scène politique semble avoir été soigneusement séquencée.

Premier acte : les huit maires ayant rejoint Kiiraay.

Ces élus ont fait le choix de rejoindre cette nouvelle dynamique politique. Mais une question fondamentale demeure : ont-ils démissionné de leurs partis d’origine ?

Si ce n’est pas le cas, dans quelle configuration politique se trouvent-ils aujourd’hui ?

Peut-on être ici et là-bas à la fois ? Peut-on changer de camp sans solder son appartenance au camp précédent ? Peut-on demander aux militants de suivre une nouvelle direction alors que les responsables eux-mêmes entretiennent encore le flou sur leur positionnement ?

Les populations ont le droit de savoir.

Deuxième acte : les maires de l’opposition.

Eux aussi ont été reçus.

Et c’est précisément cette succession qui donne à l’affaire une saveur particulière.

Les maires reçus, les faiseurs de rois à quai

Voilà donc le paradoxe qui fait parler dans les chaumières politiques de Bakel :

ceux dont le positionnement ne fait pas toujours l’unanimité sont reçus au Palais, pendant que les véritables faiseurs de rois restent à quai.

Ceux qui ont mouillé le maillot.

Ceux qui ont construit les victoires.

Ceux qui ont porté les combats politiques.

Ceux qui ont été présents lorsque les urnes parlaient.

Ceux-là seraient-ils devenus soudainement invisibles ?

Qui décide désormais de qui compte politiquement à Bakel ?

Le Palais ? Les états-majors ? Les nouveaux ralliés ? Ou les populations qui, elles, connaissent parfaitement le poids de chacun sur le terrain ?

Le Palais ne peut pas devenir le lieu des arrangements de couloir

Une audience présidentielle n’est jamais totalement anodine lorsqu’elle intervient dans une période de recomposition politique.

Alors, il faut poser les vraies questions.

Pourquoi maintenant ?

Pour quel objectif ?

Avec quel agenda ?

Pour préparer quelle recomposition politique dans le département ?

Quels engagements ont été pris ?

Quelles contreparties politiques sont attendues ?

Et surtout :

Pourquoi les bases n’ont-elles pas été associées ?

Si la rencontre était purement institutionnelle, pourquoi cette discrétion ?

Si elle était politique, pourquoi ne pas l’assumer publiquement ?

Le peuple n’a pas besoin de politique de couloir. Il a besoin de clarté.

Kiiraay n’efface pas les origines

Le ralliement à Kiiraay ne saurait non plus effacer, par magie, les appartenances politiques antérieures.

Les maires concernés sont partis vers cette nouvelle formation ou dynamique politique, mais la question de leur départ effectif de leurs partis d’origine demeure posée.

On ne peut pas réclamer la confiance des militants tout en entretenant l’ambiguïté sur son propre statut.

La politique exige des choix.

Et les choix exigent du courage.

Bakel regarde, Bakel observe, Bakel se prépare

Ceux qui pensent que les populations vont rester spectatrices de ces manœuvres se trompent lourdement.

Bakel regarde.

Bakel observe.

Bakel analyse.

Et surtout, Bakel se prépare.

Une nouvelle convergence départementale est en train de prendre forme autour d’une exigence simple : que la politique cesse d’être une affaire de petits cercles et de rencontres discrètes.

Le peuple veut savoir qui est avec qui.

Qui assume quoi.

Qui défend quel projet.

Et surtout, qui travaille réellement pour Bakel.

La réponse sera politique

A ceux qui pensent pouvoir construire une nouvelle majorité en contournant les bases, le terrain finira par répondre.

A ceux qui pensent que quelques audiences au Palais suffisent à fabriquer une légitimité politique, les urnes apporteront leur propre langage.

A ceux qui pensent que les militants sont des wagons que l’on peut abandonner sur le quai pendant que la locomotive file vers Dakar, il faut rappeler une vérité élémentaire :

une locomotive sans wagons peut avancer vite, mais elle ne transporte personne.

Et une politique sans peuple ne reste qu’une politique de palais.

Le moment est donc venu pour les populations, les militants et les forces vives de Bakel de se retrouver, de se parler et de se mobiliser.

Non pas pour régler des comptes personnels, mais pour remettre le peuple au centre du jeu.

Car désormais, le message est clair :

Le Palais peut recevoir qui il veut. Mais à Bakel, c’est le peuple qui décide qui mérite de rester sur les rails.

Les faiseurs de rois ne sont peut-être pas au Palais aujourd’hui. Ils sont à quai. Mais le prochain train électoral passera forcément par eux.

Ibrahima Thiam, Pdt mouvement Bras Long de Bakel./TAMBAACTU1

Partagez